« Coiffure et confidences » au théâtre Michel – Interview de Léa François

La pièce de théâtre « Coiffure et confidences » fait un carton au théâtre Michel depuis 2015. L’actrice dans « Plus Belle La Vie », Léa François, y incarne avec grâce une jeune femme drôle et fonceuse qui cache un lourd secret. Le décor unique du salon de coiffure est très bien soigné. L’histoire se déroule simplement, portée par 6 comédiennes complices. Qui est la pétillante et dynamique Léa François ? Comment est-elle tombée dans la marmite de la comédie ? Réponse dans cet amusant interview sans tabou !

« Coiffure et confidences » au theatre Michel - Interview de Lea Francois

« Coiffure et confidences » au théâtre Michel @FranckHarscouet

Léa François, auriez-vous trois mots pour vous décrire ?

« Coiffure et confidences » au theatre Michel - Interview de Lea Francois

Léa François

Positive, passionnée, cool. Je m’éclate professionnellement, et personnellement ma vie va plutôt bien aussi. J’ai cette volonté de prendre la vie du bon côté, de profiter de tout ce qu’il m’arrive. J’ai pleinement conscience que cela ne durera peut être pas. C’est compliqué d’être comédien, j’ai conscience d’avoir la chance d’arriver à en vivre. Si j’arrive à continuer ce métier le plus longtemps possible, cela sera déjà dingue.

 

Comédienne, c’est un peu le rêve de beaucoup de petites filles ? Cela a-t-il toujours été le cas pour vous ?

Les choses étaient un peu à l’envers pour moi puisque petite fille je tournais déjà ! Du coup le métier de comédienne n’était pas mon rêve. Franchement quand j’étais petite, je rêvais d’être chanteuse pendant un moment (rires), sauf que je chante vraiment comme un pied (rires) ! Pour moi toute petite, jouer c’était de l’amusement, du loisir et je n’imaginais pas en faire un véritable métier plus tard. J’avais aussi un autre rêve : devenir institutrice, être Maîtresse !

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

C’est un métier dans lequel on rencontre plein de monde, ce que j’adore. Chaque projet est une aventure humaine : on rencontre une équipe technique, des comédiens. En terme d’enrichissement personnel, c’est très fort. Il y a aussi les émotions à travers lesquelles on passe. Au théâtre dans « Coiffure et confidences », j’ai énormément de plaisir à jouer avec la salle, les faire rire. Et d’un coup on entend les mouchoirs et les pleurs ! Des fois on entend des reniflements. Mais il y a toujours des petites pirouettes de comédie pour désamorcer les moments trop triste, pour dire que la vie continue.

Vous avez commencé dès 4 ans à jouer dans des films. Comment êtes-vous entrée dans le monde du spectacle ?

J’ai commencé à tourner un peu par hasard. Lorsque ma mère m’a eut, elle lisait « Parents Magazine ». Alors que j’avais 6 mois, elle est tombée sur une annonce de casting de bébé pour une publicité photo. Ma mère a répondu à l’annonce sans penser une seconde « ma fille sera comédienne », mais plutôt en se disant qu’une photographie faite par un professionnel pourrait faire un joli souvenir ! Il se trouve que cela a fonctionné et la production nous a dit de me mettre dans une agence pour signer le contrat. J’ai eut un agent dès mes 6 mois (rires) ! À partir de là, j’ai fait d’autres photographies via cette agence. À 3 ans, j’ai commencé à jouer dans des clips mais je ne m’en rappelle pas. Petite, je voyais les tournages comme un jeu, puis je me suis prise au jeu. Mes premiers souvenirs de tournage datent de quand j’avais 6 ou 7 ans. J’ai commencé à tourner tous les ans. En 2000 à 12 ans, j’ai eu le déclic sur ma destinée de comédienne lors du tournage d’un épisode de « L’instit », où j’incarnais le rôle principal. C’est le premier tournage où mes parents ne m’ont pas accompagnée. A Auxerre durant 2 mois, j’étais en immersion totale. Pour la première fois, j’ai vraiment réalisé ce que je faisais et me suis sentie comédienne. Je suis allée à la rencontre de toute l’équipe technique : les lumières, le son. Mon rôle m’a énormément plu : celui d’une fille qui se prenait pour un mec. Mes cheveux ont été coupés très courts à la garçonne. Moi qui était très fille, je devais me battre, cracher par terre. C’était le rôle le plus approfondi pour moi à l’époque et le plus loin de ma personnalité.

Comment est-ce que votre famille a réagi ?

Petite, la condition de mes parents était que j’ai de bonnes notes, pour pouvoir continuer à tourner. J’ai un soutien familial fort. J’ai obtenu à la fac une License LLCE d’italien pour me construire un plan B : me spécialiser dans la traduction afin de pouvoir travailler de chez moi. Ma famille ne m’a jamais forcée à tourner. Plusieurs fois, ma mère m’a proposée d’arrêter. Par exemple un jour, j’allais faire « L’instit » et c’était ma rentrée des classes de cinquième. Le tournage se déroulait sur août-septembre. J’étais très scolaire. Lorsque j’ai passé les essais, tout s’est bien passé et j’ai été gardée pour le deuxième casting. Mon agent a appelé ma mère pour lui dire que c’était bon. Elle a eut peur que je regrette et rate ma rentrée des classes. Elle a alors décidé de me dire que je n’étais pas prise afin de voir ma réaction. Je me suis mise à pleurer alors elle m’a rapidement dit que ce n’était pas vrai ! Lors de mes tournages dès mes 4 ans, toute l’équipe de tournage était gaga. On me disait que j’étais la plus belle, la meilleure du monde. A mon retour à la maison, ma mère me remettait les pieds sur terre : « alors je t’explique, tu n’es pas la plus intelligente, pas la plus belle de la terre ! ». Ma mère a été super.

Comment cela se passait à l’école ?

La plupart du temps les tournages pour les enfants ont lieu pendant les vacances scolaires (classes verte). Le tournage a toujours été mon truc à moi, je n’en parlais jamais à l’école. Il n’y a pas eu de soucis avec les copains de classe. J’ai grandi à la campagne en Seine-et-Marne. On était seulement 9 dans ma classe à double niveau, durant toute la primaire. C’est mes amis d’enfance. On s’entendait tous trop bien. Collège, lycée cela s’est toujours bien passé. Je restais discrète et n’en parlais que si l’on me posait des questions.

Théâtre, TV…Y a-t-il un domaine où vous vous épanouissez le plus ?

La première fois que je suis montée sur une scène de théâtre en 2010, j’ai eu un choc. Ma première pièce m’a amené la deuxième, puis la quatrième aujourd’hui. Pour « Coiffure et Confidences », j’avais vraiment envie de changer de registre. J’ai vraiment trop de chance en ce moment de pouvoir alterner la TV et le théâtre. Je n’arrive pas à les départager, tout dépend du projet. Au théâtre, le retour du public est assez intense. C’est très chouette d’arriver à jouer avec toute une salle pendant une heure et demie. On est vraiment dans un échange direct, on reçoit beaucoup et on donne beaucoup aussi j’espère (rires). La TV, c’est très différent. Des fois on peut se mettre dans des états de ouf devant une caméra, alors que les spectateurs ne sont pas là en direct. Parfois je me mets une pression. Un jour, on te dit « alors ton père meurt, action ! ». Je signe un contrat toutes les 6 semaines avec Plus Belle La Vie.

Dès 2009 à seulement 20 ans, vous incarnez Barbara dans « Plus Belle La Vie », rôle qui devait perdurer uniquement 3 mois et qui finalement est devenu un rôle phare.

Le rôle a bien fonctionné. Je rentrais en tant que fille de Léo Casteli, personnage récurrent dans la série au début pour 3 mois. J’ai rapidement compris que si ça se passait bien, il y avait moyen (rires) ! « Plus Belle La Vie », c’est une expérience très intense au niveau du public, On est très souvent à Marseille. Avec la série ma vie a pas mal changée. Au début c’était un peu sport avec ma licence ! C’est une expérience très intense depuis 7 ans. PBLV tourne tous les jours tout le temps. Les épisodes sont tournés pour être diffusés 1 mois et demi plus tard. Les auteurs savent exactement quel sera le jour de diffusion. Par exemple pour les élections on tourne 2 versions. Concernant les attentats de Charlie Hebdo, on a tourné des scènes en dernière minute pour coller à l’actualité. Chaque semaine je suis encore comme une gamine devant le scénario et je me dis « Qu’est-ce qu’il va encore arriver à Barbara ! ». Je considère certains comédiens de Plus Belle La Vie comme des amies. La série existe depuis 2004. C’est devenu une famille avec le temps.. Le succès de Plus Belle La Vie a étonné tout le monde. La série est très regardée et nous sommes très sollicités. Je suis plutôt cool avec ma popularité, même si parfois c’est compliqué d’aller faire soi-même ses courses.

Comment est venu le projet de la pièce « Coiffure et confidences » ?

J’avais gardé contact avec le producteur et 2 ans plus tard il m’a rappelée pour faire des essais pour la pièce. Nous avons répété tous les jours pendant 6 semaines. Les spectateurs me disent souvent êtres émus par la pièce. Ils sont sur le fil de l’émotion, entre rires et larmes. On rigole pendant les 3/4 de la pièce. Nous avons un seul décor qui est le salon de coiffure. C’est plutôt original comme sentiments au théâtre. 6 acteurs et 6 femmes, cela se fait de moins en moins. Les budgets sont serrés, les théâtres sont en crise. C’est chouette qu’on ait pu monter ce projet et que cela fonctionne. J’espère que cela va encourager d’autres producteurs ! Il y a 350 places au théâtre Michel. La mayonnaise a bien pris. C’est tellement la vie, je pense que tout le monde a ses galères. Tout le monde peut se reconnaître un peu dans ces personnages très différents les uns des autres. Je serais ravie de jouer sur d’autres registres.

Dans coiffure et confidences, vous incarnez Magalie, une jeune femme pétillante, drôle et positive malgré la maladie. Ce rôle correspond-il mieux à votre personnalité que celui de Barbara, plus noir et difficile à cerner dans « Plus belle la vie » ?

Barbara est arrivé un peu rebelle en crise d’ado, elle s’est assagie avec le temps. Je me sens plus proche de la philosophie ultra positive de Magalie : aimer l’instant présent. J’ai aussi le côté un peu fonceur de Barbara.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre engagement associatif ?

Je suis ambassadrice de l’association européenne contre les leucodystrophies (ELA), marraine de Tout le monde chante contre le cancer et de l’association Syndrome Moebius. Il y a 7 ans, la popularité avec PBLV m’a donnée envie de m’engager. C’est des expériences très fortes. J’ai conscience de ma chance et j’essaye de toujours rester positive. Il faut avoir conscience de sa chance d’être en bonne santé. Au début j’étais un peu comme une éponge et pleurais une fois rentrée chez moi des visites à l’hôpital. Cela m’apporte beaucoup de maturité. Certains enfants m’apprennent une vraie leçon de vie.

Quelle est votre prochaine actualité spectacle ?

J’ai d’autres projets au théâtre, en-cours d’avancement.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que l’aventure continue !

 

Cet article a été publié pour la première fois le 27/08/2015 dans le webzine LaCritiquerie.

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