Julien Vidal – “Participer à construire une société plus durable et solidaire“🌍 [ITW]

Fabriquer un nichoir à abeilles solitaires, créer une boite à lire ou organiser une “Plastic Attack“ ? Ecologiste engagé et fondateur dès septembre 2016 du mouvement écocitoyen en ligne “Ça commence par moi, Julien Vidal offre dans son nouvel ouvrage paru chez First Editions, “Ça va changer avec vous – Il est temps d’être écolos et fiers de l’être”, pas moins de 365 actions pour avancer. Après plus de 25 000 exemplaires vendus de son premier opus, le jeune auteur y fait un état de la situation actuelle et ouvre des pistes de réflexions. En bonus, 50 pages d’outils détachables pour agir ensemble (pourquoi ne pas découvrir l’évènement Maker Faire Paris ?). Incroyablement précis, ce livre foisonne de chiffres, infographies, faits, contre-arguments… De quoi devenir incollable pour faire de notre quête du bonheur la priorité et mettre en accord nos valeurs et nos actions tous les jours. Julien Vidal se confie à ton webzine Hello La Terre.

L’ambition de votre livre est de donner l’impulsion d’agir face à l’urgence écologique. Comment justement donner envie à vos lecteurs sans leur imposer vos convictions ?

Mon premier livre éclairait davantage les coulisses du changement. Les lecteurs de mon deuxième livre, eux, souhaitent accélérer le changement. La prise de conscience est difficile à rationaliser, car il y en a presque autant que de personnes. Cela peut être un problème de santé, l’arrivée d’un premier enfant ou une quête de sens. Certains lecteurs sont par exemple très attachés à la nature, et pratiquent le ski ou le surf, en harmonie avec la nature qui les entoure.

Pour ce deuxième livre, je suis parti d’un constat simple basé sur ma propre expérience : je suis beaucoup plus heureux depuis que j’agis en accord avec mes convictions. Alors soyons fiers de nos valeurs écocitoyennes car chacun peut participer à la construction d’une société plus durable et plus solidaire.  On considère souvent les lecteurs comme des utilisateurs finaux. Je pense au contraire qu’ils sont des caisses de résonance d’un mouvement qui nous dépasse : l’étincelle individuelle qui va devenir et nourrir une dynamique collective. Je suis convaincu que chacun a sa place pour agir.

En quoi votre bonheur passe par l’écologie ?

En tant qu’êtres humains, nous faisons partie de la nature et devons la défendre. Agir sur ces sujets écocitoyens me fait un bien fou. Mon bonheur passe justement par le fait de me sentir vivant, de m’écouter et d’essayer de me mettre au service de ces sujets qui me dépassent. Finalement je parle très peu d’écologie mais plutôt d’écocitoyenneté et de quête intérieure. Je ressens profondément cette solidarité avec les autres êtres humains et je souhaite agir afin que tout le monde ait une vie décente.

Quel est le premier pas vers l’écologie le plus souvent rapporté par vos lecteurs ?

En réalité, tout le monde est déjà acteur de ces sujets et a mis en place, sans même le savoir, des pratiques écocitoyennes dans son quotidien. Comme le covoiturage, prendre le métro pour aller au travail, acheter d’occasion sur Vinted ou Le Bon coin, ou même manger une tarte aux épinards !

Je n’aime pas parler de premier pas. C’est un peu désuet et enfermant comme vocabulaire. J’y décèle une vision assez occidentale, où l’on passerait de débutant à spécialiste sur un sujet donné. Ce n’est pas du tout représentatif justement de la progression circulaire, que j’observe sur l’écologie. J’aime plutôt l’idée de mise en mouvement. C’est pour moi fondamental d’arriver à changer notre manière de voir mais aussi de dire les choses. Cela nécessite tout un travail d’amélioration et de mise à jour de notre vocabulaire, dans les médias comme dans la vie de tous les jours.

Que répondez-vous à vos lecteurs qui vous demandent par quoi commencer ?

Je préfère leur demander d’identifier d’abord quelles sont leurs passions et leurs hobbies, et de lier leur recherche de bonheur à cette recherche écocitoyenne. Il est temps d’arrêter de parler d’“écologie du renoncement“, selon laquelle on devrait arrêter de prendre l’avion ou de manger de la viande. Il est vrai que nous sommes souvent dans une surconsommation permanente. Mais à quoi bon faire du vide pour remplir notre vide et changer de boussole ? On a longtemps confondu joie, plaisir et bonheur. Or le plaisir n’est que court-termiste et lié à des événements extérieurs. Alors que le bonheur, lui, est intérieur, lié à la connexion au vivant et à ce que nous sommes vraiment. C’est une notion beaucoup plus personnelle et profonde.

Qu’est-ce qui vous rend optimiste pour le futur ?

Plus on rentre dans ces sujets écolos et plus on se rend compte que les choses changent beaucoup plus vite que ce que l’on aurait pensé. Des jeunes se lèvent. Depuis 2017 en seulement 3 ans, il y a eu l’effet Nicolas Hulot, le choc des incendies de forêts (comme en Sibérie, en Amazonie et en Australie). Les catastrophes écologiques se succèdent dans le monde entier et marquent l’opinion public. C’est devenu difficile d’aller contre la réalité du dérèglement climatique qui va tous nous impacter. En conséquence, des citoyens en ont fait leur priorité numéro 1 alors que les politiques, eux, s’arrêtent bien souvent au stade du “green washing“, avec un discours faux et superficiel. Quand il décide de s’y mettre, l’être humain est capable de mettre en place des changements de manière exponentielle, mais il faut tâcher de rester rationnel dans le bon sens.

Des centaines de milliers de personnes à l’autre bout de la planète souffrent déjà tous les jours à cause du dérèglement climatique. On ne peut pas rester sourd. On sait qu’il faut réagir rapidement, même si nous avons chacun une responsabilité assez minime. Mais malgré les 5 extinctions de masse passées, la planète continue de survivre. Finalement, notre mission principale devrait peut-être être d’arriver à conserver les conditions de vie des humains sur terre.

Comment expliquez-vous la persistance des climato-sceptiques ?

Pour certaines générations, c’est difficile de faire face aux mensonges que l’on a bien voulu croire toute notre vie jusqu’ici. Face à une forêt qui part en fumée, comment ne pas se sentir dépassé et noyé alors que la société libéraliste nous a inculqué toute notre vie que notre seul pouvoir était notre pouvoir d’achat ? On se sent démuni. D’une certaine manière, cela vient éclairer négativement tout ce que l’on a cru jusqu’à maintenant, et tout ce pourquoi l’on a travaillé dur toute sa vie. Au fond, les climato-sceptiques savent la réalité du réchauffement climatique, mais ils ne savent pas par quel bout aborder le problème…

Propos recueillis par Aurélie Brunet

Pour en savoir plus :

Le livre “Ça va changer avec vous – Il est temps d’être écolos et fiers de l’être“ est paru chez First Editions. Disponible en librairie dès le 17 octobre 2019, pour un prix de 16,95 €.

Le site internet du mouvement créé par Julien Vidal : https://cacommenceparmoi.org/

Une vidéo réalisée avec Brut :

Photos : DR

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