Présentée par Leroy Merlin, Maker Faire est de retour pour une sixième édition parisienne les 22, 23 et 24 novembre 2019. Quoi de mieux que la Cité des Sciences et de l’industrie pour accueillir cet événement dédié aux “makers” et aux curieux ? Géo Trouvetou ou allergiques au bricolages, c’est le week-end idéal pour apprendre, faire, partager et rêver. Au programme : 250 stands de 800 makers, un programme de conférences de 30 minutes, des ateliers géants de 50 personnes en simultané (pour par exemple apprendre à réparer son casque audio soi-même plutôt que le jeter)… L’occasion de partir à la rencontre de 800 makers et leurs projets, d’initier vos enfants à la réalité augmentée, de vous mettre à la construction de lampes d’ambiance DIY ou encore de contribuer à créer un compteur d’abeilles. Makers, makequoi ? Qu’est-ce-que ça veut dire ? Nous avons fait le point avec Christophe Raillon, directeur de Maker Faire France.

Christophe Raillon, vous êtes en plein lancement de la Maker Faire Paris en tant que directeur de Maker Faire France. C’est quoi un maker ?

Un maker, c’est un bidouilleur, un inventeur, un ingénieur, ou encore un adepte du Do It Yourself. Mais c’est surtout un état d’esprit : être curieux, oser se tromper, apprendre, rebondir, partager et bien-sûr transmettre. Les makers partagent, ils bricolent ensemble… Né il y a 15 ans aux Etats-Unis en Californie, ce mouvement a été la rencontre entre deux mondes. D’une part la contre-culture hippie californienne anti-consommation, qui souhaitait reprendre le pouvoir. Et d’autre-part la Silicon Valley, au sud de la baie de San Francisco, avec ses technologies numériques permettant l’essor de communautés virtuelles et la naissance des réseaux sociaux, mais aussi l’arrivée d’imprimantes 3D. Le mouvement des makers a été porté par la capacité rendue possible  par internet de se connecter au monde entier, et de partager son savoir-faire et ses réalisations. Le magazine Make publié par Maker Media, lui, a été fondé en 2005, puis son créateur Dale Dougherty a organisé la première Maker Faire,  à San Francisco, pour connecter les makers et le grand public, dans cette logique de partage fortement ancrée depuis toujours.

Ce ne serait pas plus juste d’écrire “Maker Fair” plutôt que “Maker Faire” ?

Et non, il n’y a pas d’erreur ! Ce E vient bien en plus du mot “fair”, qui signifie “foire” en anglais. Ce E additionnel a été voulu dès le départ, en hommage aux français…C’est un clin d’œil de Dale Dougherty (fondateur du magazine Make) au savoir-faire et à l’artisanat français. Les américains nous adorent, nous les français ! Lors d’une Maker Faire organisée à Washington, l’ancien président américain Barack Obama s’y serait trompé, en demandant à son staff : “mais qui a bien pu rajouter tous ces E à Fair dans mon discours ?”. Aujourd’hui, Maker Faire existe dans 40 pays, avec 400 Maker Faire dans le monde chaque année. C’est devenu un véritable phénomène de société, dans lequel les populations essayent de reprendre le pouvoir. Il y a 15 ans déjà, les premiers slogans des makers étaient : “si tu n’es pas capable d’ouvrir un objet, tu ne le possèdes pas”, “répares plutôt que de jeter”. Avec les intérêts croissants pour l’écologie dans le monde, Maker Faire est plus que jamais au cœur des préoccupations des citoyens du monde entier. Avec la Maker Faire Paris, on souhaite donner envie, confiance aux visiteurs en leurs capacités. D’autant plus que les études prouvent que faire soit-même est générateur de bien-être. Pourquoi s’en priver ?

 

Qu’est-ce qui distingue la Maker Faire Paris 2019 des autres Maker Faire de par le monde ?

A la Maker Faire Paris, on essaye de couvrir les sujets les plus larges possibles, pour n’exclure aucun public. Cette année, nous avons reçu plus de 400 candidatures pour 250 stands. Nous mettons cette fois 3 problématiques à l’honneur. D’abord l’économie circulaire avec l’exposition “du recyclage au design” par Les Canaux, et les stands où l’on donne un autre vie aux objets. Par exemple, un couple vient présenter un bonnet marin tricoté à la main à partir de bouteilles récupérées dans les eaux bretonnes. Ensuite, les communs, c’est à dire le savoir faire partagé, à l’image des 7 youtubeurs qui ont rejoint Maker Faire Paris 2019. Un espace leur est est dédié, afin qu’ils partagent leurs créations. Pour finir, l’éducation. Ce n’est pas un hasard si le rectorat de l’académie de Paris est partenaire de notre événement. Nous invitons d’ailleurs aujourd’hui gratuitement des scolaires : 8 000 enfants sont attendus ! L’entrée est également gratuite pour tous les étudiants. C’est notre responsabilité de préparer le monde des jeunes générations, et de les mettre en contact avec les makers. Les ateliers sont d’ailleurs pris d’assaut par les enfants, c’est pourquoi nous avons du créer davantage d’ateliers adultes cette année. Les enfants veulent tout faire. C’est le meilleur âge pour apprendre ! Il y a aussi l’exposition Low Tech sur l’habitat durable, qui montre sur 100 mètres carrés 12 solutions durables. A noter : nous recevons cette année un nouveau public d’une quinzaine d’entreprises, qui envoient leurs salariés en quête d’inspiration à la rencontre des makers, via des “learning exhibition”.

Quels sont pour vous les 4 ateliers incontournables cette année ?

1. Le premier atelier qui me vient à l’esprit est l’atelier soudure, pour tous les publics. C’est une activité qui peut faire peur. Justement, c’est le moment d’oser et de vous prouver que vous en êtes capable sans aucune connaissance préalable !

2. L’atelier bois, adopté par les enfants quand on aurait pensé qu’il serait davantage adapté aux adultes. Pour sortir en vous exclamant : “je n’aurais jamais osé !”

3. L’atelier couture, pour les hommes comme les femmes. Avec 25 machines-à-coudre, une youtubeuse vous apprendra à réaliser vous-même votre pochette DIY en simili avec Viny.

4. Enfin, grande surprise avec ce nouvel atelier ludique au nom barbare : la tapigami, qui est l’art de créer des œuvres avec du ruban adhésif. Cet atelier prouve qu’on n’a pas besoin d’outils pour être créatif. Reproduire la Tour Eiffel, des vaisseaux issus de Starwars… Tout est possible… !

Propos recueillis par Aurélie Brunet

 

Maker Faire Paris 2019 en chiffres 

6ème édition

6 000 m² d’exposition

800 makers sur 250 stands

100 ateliers interactifs

8 000 jeunes accueillis le 1er jour

2 expositions

3 grandes thématiques : l’économie circulaire, les communs et  l’éducation

Demandez le programme

Programme Maker 2019

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